Introduction

Révolution textile

La mode est un vaste sujet. Beaucoup ont cherché à la comprendre, d’où vient-elle ? Comment s’explique-t-elle ? Comment déceler ce qui fera la tendance de demain ? Comment déterminer si un vêtement sera commercial ? Depuis toujours, elle passionne, uniformise, distingue, rassemble, éloigne, mais elle perdure, génère de l’emploi et de la richesse. En France, la mode est une tradition, un prestige que l’on entretient et qui participe à notre rayonnement international.

La naissance du prêt-à-porter

Au siècle dernier est née la haute couture à Paris. Les grands noms qui ont participé à son avènement sont aujourd’hui devenus des multinationales aux influences incommensurables. C’est au sein d’un univers de prestige et d’opulence qu’est né le prêt-à-porter. Lorsque quelques grands couturiers ont cherché à toucher une plus large clientèle en développant des collections moins luxueuses, inspirées de leurs lignes de haute couture. Puis, dans les années 80, le prêt-à-porter dit « accessible » poursuivit son ascension sous l’impulsion d’une nouvelle génération de couturiers ; Jean Paul Gaultier, Thierry Mugler, Sonia Rykiel etc. Parallèlement, le monde évolue vite, les nouvelles technologies émergent. Ainsi, la communication et le marketing deviennent bientôt des facteurs de réussite incontournable et le prêt-à-porter industriel se développe. Dans les années 2000, les collections de prêt-à-porter de jeunes créateurs et la haute couture se côtoient lors de défilés à Paris, Milan ou New York… Des salons internationaux voient le jour. En conséquence, la mode passe des ateliers aux usines et des boutiques à une distribution à grande échelle. Désormais, les grandes maisons de couture réalisent l’essentiel de leur chiffre d’affaires avec leurs lignes de prêt-à-porter.

Émergence d’une mode frénétique

La haute couture subsiste mais n’est plus qu’une vitrine, une part de rêve et d’inaccessible qui contribue à l’image de la marque. Notre économie repose sur le symbole, la notion de marque et d’image n’a jamais été aussi dominante, elle favorise la distinction sociale. Tout comme la toile est signée par son artiste, le vêtement est griffé par son créateur. L’apparition du prêt-à-porter a profondément modifié notre consommation. La démocratisation du vêtement a fait de lui un produit à courte durée de vie. Ainsi, une poignée de marques sont devenues en quelques années des leaders du marché. Elles ont introduit dans nos penderies une abondance de produits à bas coûts, fabriqués dans les pays du sud où la main d’œuvre bon marché permet de réaliser des marges plus importantes. Le prêt-à-porter s’inspire de la haute couture et inonde la rue, et la haute couture s’inspire de la rue. En conséquence, tout le monde copie tout le monde. Le vêtement que l’on gardait des années durant a laissé place au règne de l’éphémère. Les articles se succèdent et se renouvellent au gré des saisons et des tendances. C’est pourquoi, les produits sont conçus pour ne pas durer, leur obsolescence est programmé, c’est la fast-fashion.

Controverses

La société pousse à la consommation de nouveaux produits, la mode se démode et se réinvente à chaque saison mais le consommateur y trouve son compte dans les prix. Tout le monde semble satisfait. Tout le monde ? Ou presque. Avec le développement des échanges internationaux et des transports, un phénomène de délocalisation progressif de la production des pays du Nord vers les pays du Sud s’est opéré. De cette action découle une double critique ; le secteur a d’une part engendré un chômage massif dans nos pays développés, et d’autres part entraîné un certain nombre de dérives dans les pays du sud quant aux conditions de travail de ces populations (salaires très bas, locaux insalubres, journées de travail interminables etc…). Au-delà de l’impact social qu’implique une délocalisation, c’est aussi un acte de transfert des problèmes écologiques. On exporte le problème plutôt que de le traiter. Ainsi, les déchets et la pollution créée par l’industrie textile se sont déplacés des pays du Nord vers ceux du Sud, aggravant la situation, déjà misérable, des populations. C’est donc la seconde critique de ce marché : la destruction de notre environnement et des écosystèmes. Une troisième critique porte sur la disparition de nos sociétés traditionnelles avec la perte de nos savoir-faire. De même, ce phénomène irréversible, va de pair avec les délocalisations et cette disparition s’accompagne d’une montée de l’individualisme qui affecte la solidarité.

Vers une mode plus esth-éthique ?

Cependant, ces limites ont progressivement été dénoncées par des associations caritatives et humanitaires, puis par des groupements d’individus. Ainsi, les médias, sous l’impulsion d’internet jouent un rôle clé sur ce marché, faisant tantôt son apologie tantôt sa condamnation. L’information circule à une échelle planétaire en un temps record. Le consommateur est de moins en moins naïf, il est mieux informé et plus à même de déjouer les stratégies marketing instituées pour le pousser à consommer. La tendance « mode éthique » ou « mode green » est issue du développement durable, elle a bénéficié d’un effet de mode il y a une dizaine d’année. Ce mouvement fait écho à une prise de conscience progressive sur les méfaits de notre société de consommation. Si la mode est inconstante, frivole, excessive, le développement durable est tout l’inverse. Finalement, la mode éthique est l’ambitieux défi de rassembler leurs valeurs dans un même produit.

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